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Attentats de Munich d'un point de vue journalistique.
Un peu sorti de nulle part, ce film s’est faite une petite réputation à force d’être remarqué dans certains festivals par la presse internationale. Et, en effet, ces mérites ne sont pas galvaudés jusqu’à être nommé dans pas mal de cérémonies de remises de prix depuis quelques semaines. Malgré une distribution de seconds couteaux venus de tous les horizons, un réalisateur inconnu au bataillon (il avait réalisé deux films Netflix passés inaperçus dont le pas terrible long-métrage de science-fiction « Tides ») et un petit budget, cette coproduction internationale entre les États-Unis, la Suisse et l’Allemagne est une belle réussite appréhendant parfaitement son sujet avec le traitement adéquat. « 5 septembre » revient sur les attentats des Jeux Olympiques de Munich de 1972 qui avaient été un choc pour la planète entière. Des événements tragiques que le film sobrement intitulé « Munich » de Steven Spielberg avait plutôt bien couvert dans son ensemble, même si c’était loin d’être l’une de ses meilleures œuvres.
Ici, l’objectif de fond du film est tout autre. Car le script entend voir lesdits événements par le prisme du journalisme. On y parle donc de la manière de traiter l’information, de ce qui peut être montré ou pas (c’est la première tragédie du genre à avoir été montrée en temps réel à travers le monde grâce au progrès des satellites) et de la morale du métier. Tout cela est étonnamment fondu dans une œuvre qui n’est pas à proprement parler un thriller mais qui réserve son lot de suspense et de tension. Ce côté suspense sera d’autant plus important et prégnant pour les plus jeunes n’ayant pas vécu cet évènement et pour ceux l’ayant oublié, car ils n’en connaissent pas l’issue. Et « 5 septembre » couvre parfaitement ses questionnements journalistiques comme avait pu le faire « Civil War » l’an passé - alors que ce n’était supposément pas le sujet premier du film - ou comme « Lee Miller » et plus anciennement « Harrison’s Flowers ». Entre l’envie d’avoir la primeur du sujet, les dilemmes moraux et la manière de couvrir un tel sujet, les questionnements sont passionnants et montrés de manière simple et concrète. Comme si ces attentats étaient le parfait vecteur pour parler de cela...
Mais ce qui est fort et range le film du côté des excellentes surprises, c’est que « 5 septembre » est tout aussi haletant dans la manière dont on ressent la prise d’otages. Vue à travers une salle de régie et des écrans de contrôle, elle est donc perçue de loin en presque huis-clos dans les studios qu’ABC, ce qui est terriblement original et bien optimisé ici. Un peu comme pouvait l’être par exemple celle du vol 93 le 11 septembre 2001 dans le film éponyme de Paul Greengrass. On ne sortira pas de ces locaux de télévision et ici on n’est même pas au cœur de la prise d’otages mais le cinéaste et sa caméra alerte nous immerge totalement dans le capharnaüm psychologique et pratique que vivent cette équipe de journalistes et techniciens. Dans une partition de groupe homogène et investie, le casting de seconds couteaux venus de tous les coins du globe participe beaucoup à la réussite d’un film peu commun au montage serré, efficace et sans une minute de trop. Du bon travail, intelligent, instructif et captivant.
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Gros coup de coeur pour ce film germano-américain. Je connaissais le fait historique grâce à Munich de Spielberg, mais 5 septembre de Tim Fehlbaum le surpasse quant à moi. Il faut aimer les huis clos car l’action se déroule presqu’exclusivement en régie où des journalistes sportifs, qui n’ont pas l’expérience pour couvrir un tel évènement, se démerdent comme ils le peuvent.
Pendant un moment, les jeux olympiques se poursuivent ; l’épique d’ABC sont les seuls à couvrir la prise d'otages tandis que la police allemande tente de régler la situation discrètement. C’est surréaliste, mais authentique et le suspense monte constamment. Rien n’est simple : le vocabulaire à adopter, le choix des images, les problèmes techniques. À mesure que la situation évolue, les journalistes sont confrontés à leurs propres limites.
L’émotion est véhiculée en grande partie par la traductrice allemande qui est la seule à ressentir le drame en cours, ses collègues américains étant tous absorbés par l’opportunité qui s’offre à eux. Si toute la distribution est excellente, c’est John Magaro dans le rôle du réalisateur et surtout Leonie Benesch dans celui de la traductrice qui se démarquent. L’ambiance des années 70 est bien reconstituée. Si vous aimez les drames journalistiques, celui-ci vaut le détour.